03.12.2008
Savoir "fair"
Je ne sais pas vous, mais j'ai toujours trouvé dommage qu'il n'y ait quasiment pas de cours pratiques à l'école. Qu'on n'apprenne pas à coudre, à bricoler, à cuisiner, à jardiner... Qu'on n'apprenne pas à se servir de ses mains, mais seulement de sa tête. Que le savoir soit si important mais que le savoir-faire soit complètement délaissé.
Je regrette de ne pas savoir faire grand-chose avec mes mains. Je sais recoudre un bouton ou réparer un accroc, je peux construire un meuble Ikéa avec un peu d'aide, je connais quelques recettes et j'arrose à peu près régulièrement mes plantes. La femme idéale, quoi. J'ai parfois fait des boulots un peu "physiques" et presque à chaque fois je me suis rendue compte que cela me détendait, me défoulait... Que c'est agréable de laisser son esprit souffler un peu et de faire travailler son corps.
Étudier, c'était bien, mais les dissertations au bout d'un moment c'était "too much". Rester 7-8 heures sur sa chaise à écouter et à prendre des notes chaque jour, ce n'est pas vraiment quelque chose qui me manque.
En revanche, le contraire ne me paraît pas terrible non plus, les gens qui deviennent des machines, refont chaque jour les mêmes gestes jusqu'à l'abrutissement. En ce moment au Starbucks, j'apprécie de pouvoir travailler "physiquement", de savoir me servir de toutes les machines, d'apprendre des recettes et d'être capable de préparer toutes sortes de boissons. Mais aussi de nettoyer, de ranger, de m'occuper du réapprovisionnement. De réaliser que je ne suis pas si maladroite que ça, que mes mains acquièrent des réflexes. Pendant ce temps, mon esprit vagabonde, des souvenirs me reviennent tout d'un coup, j'observe les gens et leur comportement (si ça vous intéresse, je vous en reparlerai...). Je ne vais pas vous mentir, je ne ferai pas ça toute ma vie et je continue à chercher à côté. Mais au lieu d'explorer le monde seulement en pensée, j'aimerais aussi continuer à l'appréhender en trois dimensions.
Et vous, avez-vous trouvé l'"équilibre"? Allez, une petite chanson à écouter en regardant les nuages...
23:39 Publié dans Sans Travail Fixe | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : travail, savoir-faire
31.10.2008
Born to be a Star...bucks'girl? (suite et fin)
(...) C'est parti pour un petit tour de nettoyage, armée de mon chiffon et d'un bac en plastique. Une fois le bac rempli, hop, je vais le trier dans la réserve. Je jette, je mets le reste dans un lave-vaisselle géant (et super rapide) puis je mets à sécher à côté. Après quelques tours, c'est enregistré.
Puis je fais un tour à la caisse où je réalise le temps qu'il va me falloir pour connaître toutes les sortes de boissons. Il s'agit en fait d'un écran avec tout les options ainsi que plusieurs catégories : Thé, Café, Pâtisserie... Pour le Grande Skinny Cafe Latte par exemple, il faut appuyer sur "Grande", "Cafe Latte", "mit Magermilch" (avec lait écrémé). En même temps que j'observe, je dois m'occuper des pâtisseries et des sandwichs. Les réchauffer - encore une machine dont j'apprends à me servir -, les mettre dans des sachets ou sur des assiettes. Donner plateau, couverts, serviettes. Sauf que quand il s'agit de prendre les gâteaux dans la vitrine, je suis larguée. Encore une fois, j'ai du mal à saisir les noms. Tiens, c'est marrant, il y a deux rangés de muffins aux fruits à chaque fois au lieu d'une pour les autres gâteaux, ils doivent bien marcher. Je prends donc une fois à gauche, une fois à droite. A la fin de la journée, je réalise qu'il y a une différence. Version normal, version light. Le Muffin fttttrrrdddcccdd Redberry ou Blueberry signifiait en fait Muffin Fat Reduced. Oups.
Une fille de l'équipe me demande alors quelque chose mais je ne comprends pas ce qu'elle veut dire exactement. "Ah, mais en fait tu parles pas vraiment allemand." Garde ton calme. "Non, je n'ai juste pas compris ce que tu as dit." Elle répète, très rapidement bien sûr : "Tu as déjà fait le lobby aujourd'hui?" Oui le problème, ce n'est pas mon allemand, c'est plutôt ce mélange anglais/allemand/italien qui me perturbe. Je réfléchis : l'entrée? Hmmm ou peut-être s'agit-il d'organiser une manifestation pro-Starbucks? Pas le temps d'obtenir une réponse.
Quelqu'un m'apprend à utiliser le moulin à café et en avant pour la dégustation avec toute l'équipe. Tout le monde se met à sniffer sa tasse, la main en cornet autour du nez. "Alors, qu'est-ce que ça t'évoque?". Bonne question. Je n'ose rien dire et encore moins que je n'ai jamais su faire la différence entre les différentes variétés de cafés. Mes parents ont bien une machine, mais en général je choisis mon café en fonction de la couleur de la capsule ou de la poésie du nom. Je trouve quand même le deuxième café que nous goûtons un peu plus lourd que le premier. "Comme tu peux le constater, le deuxième est beaucoup plus frais que le premier." Ok, silence is golden.
Mes six heures touchent à leur fin. Je m'attends à ce qu'on me donne mes horaires pour la semaine. Au lieu de ça, la responsable m'informe qu'elle me rappellera le lendemain pour me dire si je suis prise. Si c'est le cas, ma formation commencera lundi.
J'avoue, je suis un peu déçue sur le coup. Seul point positif, cela laisse assez de temps à mon nouveau bouton de fièvre (véritable baromètre à stress) pour disparaître.
Et pour terminer en beauté, cliquez ici pour la version kikoulol de mon blog. Et ça fonctionne avec tous les sites internet...
14:28 Publié dans Sans Travail Fixe | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : starbucks, job, premier jour
29.10.2008
Born to be a Star...bucks'girl?
Pas sûr. Mais commençons par le début.
Une journée qui commence bien. Ascenseur. Un de mes voisins que je ne connais pas rentre...et se colle à moi. Puis recule et se met à l'autre bout de la cabine. Me regarde en biais, voire me fixe. Un peu space quoi. Et me sort "Je suis à la retraite. Ca va, y a pire." Le truc, c'est qu'avec son accent, je ne capte pas tout. "Je suis handicapé mental". Ah, là j'ai compris. Rez-de-chaussée, il me tient la porte. Bonne journée.
Sauf qu'aujourd'hui, j'ai mal au ventre et que cette rencontre ne m'aide pas à me sentir plus légère. Certains voient parfois de la beauté dans le handicap, de la joie. Moi, j'y vois toujours de la souffrance. Ca me touche, ça me met mal à l'aise, ça me fait de la peine. Et je pense aux familles.
Mais aujourd'hui, l'handicapée, c'est aussi moi quelque part. Celle qui s'exprime mal, qui bafouille, qui boit les paroles des autres pour comprendre au maximum, celle qui hésite et qui finalement préfère se taire. C'est certain, l'allemand rend tout plus difficile. Je ne sais pas pourquoi j'ai autant de mal après tout ce temps. Un mélange de paresse, d'orgueil et de perfectionnisme. Et j'ai un petit peu honte de l'avouer mais quand même, je préfère les mots en français voire en anglais... J'apprivoise la langue allemande, mais petit à petit. Il y a certains mots que j'ai appris à aimer, espérons qu'il y en aura encore beaucoup d'autres.
Au Starbucks, j'ai à peine le temps de comprendre ce qui m'arrive. J'enfile mon tablier, on m'indique quelqu'un. Elle sera responsable de moi pour la journée et va tout m'expliquer. Je souris, motivée, un peu nerveuse mais enthousiaste à l'idée d'apprendre de nouvelles choses. Tout plutôt que rester chez moi à glander et à regarder toutes les séries qui passent à la télé à remettre en question mon existence.
En six heures sans pause, oui, j'ai appris des choses. Faire de la mousse de lait, préparer quelques boissons, répéter les noms des boissons et les tendre aux clients... C'est là que je me suis rendue compte à quel point ces noms sont compliqués, à chaque fois un mix entre italien et anglais, et en plus avec toutes les options possibles et inimaginables. Prenons un exemple simple (promis, c'était l'un des plus faciles) Grande Skinny Cafe Latte = Un café de taille medium avec du lait écrémé. Je vous passe le moment où j'ai appuyé trop fort sur le couvercle et je me suis retrouvée recouverte de chantilly. Oui, on parlera peut-être de celui où je me suis brûlée la main. Entre-temps, j'ai changé de "prof" et déjà, on me propose de faire autre chose (...)
A suivre...
02:27 Publié dans Sans Travail Fixe | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : starbucks, job, premier jour
08.10.2008
Pech...oder einfach Dummheit?
Il était une fois une jeune fil...euh femme qui avait très envie de travailler pendant le Vienna Tech Messe, le salon des nouvelles technologies à Vienne. Car même si elle n'y comprenait pas grand-chose (sigh), elle avait toujours été fascinée par le progrès technique, les machines, bref par ce que l'Homme était capable de construire et qui semblait pourtant fonctionner comme par magie.
Jusqu'au dernier moment, la jeune fil...bon ok femme espère... Puis le lundi matin, quelqu'un l'appelle et lui propose de travailler pendant le salon qui commence le lendemain, les explications sont un peu confuses, la voix plutôt sèche et en plus, il lui faut un tailleur noir qu'elle n'a pas. A priori, on peut lui en trouver un mais reste quand même un mauvais feeling.
L'après-midi, quelqu'un d'autre l'appelle et lui propose aussi de travailler pendant ce salon. Sauf que là, il s'agit d'une personne qu'elle a déjà rencontrée et avec qui elle aimerait vraiment travailler. Elle répond donc qu'elle a déjà quelque chose mais qu'elle voudrait savoir quand même ce qu'elle devrait mettre. "Oh, n'importe, des chaussures plates, une tenue correcte". Elle hésite deux secondes. Et puis sur un coup de tête, annonce qu'elle est peut-être disponible finalement, qu'elle peut s'arranger et qu'elle rappelle tout de suite. A l'autre bout du fil, la personne a l'air ravie.
Et là, les choses se corsent. Vraiment.
D'abord, elle se dit qu'elle va faire quelque chose de mal et ça lui tord l'estomac. Mais elle décide de suivre son instinct (re-sigh). Et rappelle la première personne.
"- Je suis vraiment désolée, mais je ne pourrai pas travailler pour vous demain.
- Vous êtes folle ou quoi? Ce n'est pas un jeu! Je dois pouvoir compter sur les gens. Je peux vous poursuivre en justice! Bip bip bip..."
Puis elle se rend compte qu'elle a reçu un message entre-temps: "C'est bon mais merci quand même". Sauf qu'elle ne reconnaît pas le numéro.
Elle rappelle donc la deuxième personne, qui comme elle s'y attendait, lui dit qu'ils ont trouvé une solution et qu'ils n'ont plus besoin d'elle.
"- Je ne comprends pas... Vous n'aviez pas besoin de quelqu'un?
- Oui, mais on ne peut pas compter sur toi (là elle vérifie qu'elle n'a pas rappelé la première...mais non). Tu dis que tu ne peux pas, puis tu demandes ce qu'il faut porter. Ca ne devrait pas être un problème. Tu dois pouvoir venir quelque soit la tenue. Avoir un tailleur noir par exemple ça ne coûte pas cher.
- Je compte m'en acheter un mais je ne vois pas le problème pour cette semaine...
- Je suis désolée. Je te rappelle si on a un désistement."
En clair, pas de Vienna Tech. Plus l'impression désagréable d'avoir mal agi.
La même semaine, elle a dû se rendre à un cours d'allemand pour débutants. Là aussi, elle s'est faite avoir. L'AMS (l'ANPE autrichienne) lui a gentiment proposé des cours d'allemand gratuits. "Oui, pourquoi pas". Fatale erreur. Ces cours sont à perpèt', obligatoires, 4 heures par jour et ce, jusqu'à avril. Et cerise sur le gâteau, pour vrais débutants. Heureusement après avoir passé 4 heures lundi à décrire sa famille et épeler des mots, elle a pu se désinscrire...Pfiouuu.
Sans parler de la carte Billa qu’elle a oublié d’utiliser lors de son dernier petit plein. Dommage, elle aurait économisé quelques cents.
12:11 Publié dans La vie chez les "Autres", Sans Travail Fixe | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : travail, poisse, stupidité
06.09.2008
Un long lundi...
Voilà, on est déjà lundi. Ce lundi qui sonne le glas des vacances. Oui, j'associe toujours les vacances au week-end.
Juin comme un vendredi soir, quand tout paraît encore possible, léger et insouciant.
Juillet comme un samedi, quand l'été est déjà mûr mais qu'on sait qu'il reste encore dimanche.
Août comme un dimanche, quand on commence à compter les jours, les heures, lorsque le blues n'est pas loin.
Et septembre. Le mois qui sent la rentrée, les responsabilités et qui nous ferait presque culpabiliser d'avoir profité du week-end.
Sauf que cette année, je sèche la rentrée. C'est la première année où je n'irai pas en cours, que ce soit en tant qu'étudiante ou assistante. Apparemment l'école, c'est vraiment fini pour moi. Et pourtant je ne peux pas m'empêcher de me sentir mal en voyant toutes les fournitures scolaires flambant neuf dans les magasins, les enfants dans les rues le cartable sur le dos, toutes ces publicités qui semblent vouloir précipiter la fin de l'été. C'est étrange, mais j'ai l'impression de faire l'école buissonnière... Au moins, j'ai déjà mon agenda.
L'été a donc filé comme un éclair mais j'ai compris que plus les années passent, plus le temps me coule entre les doigts. Finalement, je n'ai pas très envie de parler de mon voyage de cet été... Avec mon premier groupe d'Américains, ça s'est très mal passé, la faute à quatre profs qui se sont liguées contre moi et que je surnommai intérieurement "les quatre sorcières". Je n'ai pas du tout compris leur comportement et pourquoi elles ne m'ont pas dit au revoir à l'aéroport, disparaissant avec le groupe en direction des contrôles sans même dire un mot... Avec le deuxième groupe, j'ai eu plus de chance. Profs sympas, groupe marrant. Là, j'ai plus profité du voyage. Mais l'emploi du temps à adapter, les explications à donner sur les différentes cultures et les monuments, des problèmes avec certains qu'on a dû emmener chez le médecin voire à l'hôpital, tout ça me pesait. Des fois, j'ai même l'impression de ne pas avoir participé à ce voyage. Pendant six semaines, je me suis beaucoup investie, j'ai essayé d'être à l'écoute de chacun et de correspondre à leurs attentes pour que tout se déroule le mieux possible. Du coup, c'est comme si une partie de moi était en retrait... Non, je ne suis pas devenue schizo, mais j'ai mis du temps à me réadapter quand je suis revenue. Je regardais les photos, tous ces endroits superbes que nous avons visités et j'avais du mal à me rappeler... Il faut dire que tout est allé très vite. Ce qui me rassure, c'est que tous ceux qui ont fait ce voyage étaient ravis et qu'ils n'oublieront sans doute jamais ce voyage. Et ça, c'était aussi mon but.
Après des vacances cocooning avec ma famille, je suis à nouveau d'attaque.
Et vous, ce lundi?
Découvrez Feist!
19:59 Publié dans Sans Travail Fixe | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : rentrée, vacances, septembre





